Troubles gastro-intestinaux du sportif.

En particulier dans le sport d’endurance (mais pas que), les athlètes souffrent souvent à l’effort de symptômes tels que nausées, points de côté, reflux, vomissement, douleurs abdominales ou encore «diarrhée du coureur». Cela ne concerne pas que les sportifs de haut niveau, tout pratiquant qui prépare ou réalise une épreuve d’endurance (course à pied, vélo, triathlon…) peut être sujet à ces troubles. Les troubles digestifs au cours de l’effort touchent près de 50% des sportifs et peuvent atteindre 70% chez les coureurs de fond voire 90% des athlètes ultra-endurants mais le sujet reste souvent tabou; pourtant ces troubles ne doivent pas être pris à la légère et peuvent avoir de lourdes conséquences sur le long terme. 

L’intensité de l’effort physique joue probablement le rôle le plus important. En effet, tout effort supérieur à 70% de la VO2max réduit le flux sanguin dans le territoire splanchnique (intestinal) de l’ordre de 80% au bénéfice de l’irrigation des muscles et de la peau. Prise isolément, cette diminution du flux sanguin est généralement bien tolérée puisque l’intestin peut tolérer une réduction de 75% de l’apport sanguin pendant douze heures sans aucun dommage histologique important. Cependant, cette hypoxie intestinale peut être la cause d’une dysfonction de la muqueuse intestinale qui se manifeste par une malabsorption ou par une irritation mécanique pouvant être à l’origine de lésions érosives puis de saignements (méléna). Sur le long terme cela peut conduire à des tendinites à répétition, des douleurs chroniques, des allergies, des intolérances alimentaires, une malabsorption voire des problèmes plus graves comme des nécroses ou des infarctus mésentériques. Prendre soin de votre muqueuse intestinale est donc important autant en prévention qu’en réparation.

Les erreurs alimentaires sont également responsables de troubles gastro-intestinaux. La déshydratation, liée à un apport hydrique insuffisant, va exacerber les symptômes. On voit beaucoup de sportifs commencer à s’hydrater trop tard sur les épreuves. Les fibres alimentaires et les produits renfermant des concentrations très élevées de glucides, tels que les boissons énergétiques ou les gels, provoquent un gradient osmotique élevé avec un passage de l’eau dans le tractus gastro-intestinal et donc une diarrhée. Le choix de la boisson avant et pendant l’effort est donc essentiel.

Pour des soucis de minceur et/ou de performance, de nombreux sportifs excluent sans distinction les graisses de leur alimentation. Or, les acides gras assurent des fonctions de première importance en ce qui concerne l’équilibre digestif. S’ils sont d’importants pourvoyeurs d’énergie notamment lors des efforts de longue durée, ils sont également primordiaux pour lutter contre l’inflammation et renforcer les défenses immunitaires. Un apport adapté à vos besoins avec une répartition spécifique des acides gras est capitale autant pour la performance que pour votre état de santé.

Puisque l’hyperperméabilité intestinale crée des intolérances ou sensibilités alimentaires, le sportif gagnera à connaître les aliments qui lui provoquent des désagréments, dans un premier temps une éviction temporaire peut être nécessaire, le temps de la réparation de la muqueuse intestinale, avant une réintroduction progressive . Il ne s’agit en aucun cas de bannir définitivement tout un groupe d’aliment, on observe trop fréquemment des sportifs ayant éliminé plusieurs aliments depuis trop longtemps ce qui accentue la dysbiose présente et peut créer des déséquilibres nutritionnels voire des carences.

Ne laissez pas ces troubles gâcher votre quotidien, diminuer votre performance ou votre pratique, ne les négligez pas non plus, pensez à votre santé, je suis formée à la nutrition et micronutrition du sportif et je peux vous accompagner à mettre en place tous les éléments qui viennent d’être exposés :

  • une prise en charge nutritionnelle complète et personnalisée selon le sport pratiqué, votre niveau de pratique, la fréquence d’entraînement et/ou la préparation d’épreuves incluant le calcul des apports optimisés pour chaque période,
  • une stratégie nutrithérapeutique (alimentation et hydratation) avant, pendant et après l’effort quelque soit votre niveau de pratique,
  • des conseils sur le choix des boissons et aliments de l’effort.

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